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Chamonix veut réguler les locations touristiques type Airbnb

Source France Bleu.fr - Bleuette Dupin


Quatre parlementaires veulent encadrer les locations de courte durée mises sur les plateformes Airbnb, Booking, et autre Abritel. Objectif : inciter les propriétaires à remettre ces logements sur le marché à l'année. Une initiative soutenue par le maire de Chamonix.



Quatre parlementaires de différentes tendances politiques veulent encadrer les locations de courte durée mises sur les plateformes type Airbnb, Booking, Abritel. L'objectif est d'inciter les propriétaires à remettre ces logements sur le marché à l'année. L'initiative est soutenue par le maire UDI de Chamonix Éric Fournier, confronté au problème et qui travaille déjà sur le sujet avec la préfecture. Il était l'invité de France Bleu Pays de Savoie ce mercredi matin.


France Bleu Pays de Savoie - Un tiers de logements de Chamonix sont loués sur des plateformes type Airbnb, Abritel, Booking. En quoi est-ce un problème ?

Éric Fournier - Cela crée un déséquilibre. C'est la raison pour laquelle je soutiens cette initiative et d'autres qui sont en train d'émerger sur le plan parlementaire pour équilibrer ou rééquilibrer effectivement le rôle de ces plateformes.

Elles ont des avantages puisqu'elles permettent finalement de remettre sur le marché un certain nombre de biens qui sinon étaient clos tout au long de l'année. Mais là, on est en train de casser un peu l'équilibre. Un tiers du parc de biens immobiliers de Chamonix - hors résidences principales - est maintenant sur ces plateformes, avec des avantages fiscaux et des capacités à déroger au diagnostic de performance environnementale qui rend très attractif ces modalités de location au détriment des efforts qui sont portés par les pouvoirs publics pour des logements permanents. On a l'impression finalement d'essayer de boucher un trou d'un côté, alors que le législateur en a laissé un d'une taille plus importante se créer d'un autre.

Il est temps de corriger un peu ce biais. Ce n'est pas quelque chose qui est formellement anti-plateforme, mais cela vise à un rééquilibrage. On ne veut pas aller ennuyer le retraité qui a un bien en location et qui arrondit sa retraite avec ça. Mais le sujet, c'est d'éviter les phénomènes hyper spéculatifs qui cassent complètement les efforts des maires en faveur de la réalisation de logements permanents.

Mais les locations de ce type rapportent aussi de l'argent ? Airbnb a reversé 1,6 million d'euros sur l'année 2022 en taxe de séjour à la ville de Chamonix (sur un budget annuel de 60 millions d'euros, ndlr)...

Oui, c'est certain il y a une taxe de séjour qui est reversée. Mais pour autant, il faut que nos priorités soient clairement établies. Notre priorité, ici et dans la vallée de Chamonix, et je crois que ça touche bon nombre de territoires touristiques, c'est de garder notre population permanente. Or on voit désormais des gens qui mettent un bien qui était auparavant dévolu à la location permanente sur du marché privé parce que justement les avantages fiscaux sont supérieurs. Donc il faut réguler cela. C'est un point important et je pense qu'il convient de donner aux maires la capacité d'avoir un regard sur le parc qui est mis justement sur ces plateformes pour mettre un peu à la main du territoire la réglementation qui permettra de dire : là, on autorise selon des critères. Et si c'est trop spéculatif, on limite au contraire la portée de ces plateformes.

L'agglomération d'Annecy va mettre en place au 1er juin des quotas sur le nombre de logements en meublés de tourisme. La ville d'Annecy a même fixé une règle plus restrictive pour limiter les propriétaires à un seul logement locatif meublé, en cas de changement d'usage. Vous n'êtes pas tenté de faire la même chose ?

On n'appellera pas ça "quotas". Mais nous sommes en train de réfléchir à des modalités, avec l'appui des services de l'État, qui seront sans doute de la même nature sur la commune de Chamonix, et probablement si les collègues le souhaitent au niveau de la vallée. Il ne s'agit pas de supprimer aveuglément la possibilité de recourir à ces plateformes, mais de faire en sorte qu'on évite ce que j'ai vu récemment : des phénomènes spéculatifs du type fonds de pension qui viennent acheter sur le territoire communal uniquement pour faire du Airbnb. Ca nous semble absolument déraisonnable et contre productif. Et puis surtout, ça casse complètement toute la politique de logement permanent que nous faisons. Si on laisse faire ça, l'accession à la propriété est totalement ruinée dans les villes dans les prochaines années sur tous les territoires touristiques.

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